vendredi 17 novembre 2017

Collision d'un torpilleur avec un poisson-torpille. Un mort (par électrocution).




Touche pas à ma raie !

Je m'emmêle assez régulièrement avec une copine à propos de pétitions, parce que moi, les pétitions et la démocratie directe, j'aime moyen.

Alors pourquoi je signe régulièrement des pétitions BLOOM sur ce lien, pour la sauvegarde des poissons ? Pourquoi ?

Parce que contrairement à beaucoup de pétitions foireuses, il n'y a pas de doute possible sur le problème : il y a moins de poissons dans la mer : je sais, je viens d'aller sous l'eau pour les compter. Et ceux qui les piquent, ils niquent tout sur leur passage.

Perso, j'aime pas trop les journalistes et j'aime pas particulièrement cette Claire Nouvian qui pilote la pétition. Perso, je ne serais pas étonné qu'elle en profite pour se fasse mousser - mais j'en sais rien.

Perso, je ne sais pas exactement ce qu'ils foutent du pognon que je donne.

Perso, je ne suis pas fan de cette campagne racoleuse avec le poisson qui passe à la chaise électrique pour susciter des évocations qui n'ont rien à voir. Mais peut-être il faut un électrochoc pour faire passer le message ?

Perso, je comprends que ça gonfle les pêcheurs, cette campagne anti-pêche. Je comprends que ça va être la merde pour des gens qui n'ont pas beaucoup de pognon.

Perso, je comprends que ça va faire augmenter le prix du poisson et que ça va en faire une denrée de luxe. Tant pis, les riches mangeront du poisson toute la semaine et de la viande le vendredi. Et ils seront malades : dans toutes les mers, y compris en Antarctique, les poissons sont pollués (parce qu'ils circulent beaucoup et que la pollution marine circule aussi beaucoup à cause des grandes dérives genre Gulf Stream).
 
Perso, je suis certain que c'est plus compliqué que ce qu'ils racontent sur le site. Cela dit, je n'ai jamais trouvé aucune défense POUR la pêche intensive, juste du lobbying : c'est quand même suspect.

Perso, je ne comprends pas pourquoi l'Europe se laisse faire, il y a certainement des billes que j'ai pas. Je suppute que les ministres de la mer et de la pêche ont bien la trouille de faire sortir de leurs trous des crabes pas très aimables.

Mais là, je vois le fait brut, il y a moins de poissons en dessous, quelqu'un les a piqué, et c'est pas moi, alors c'est forcément ceux qui pêchent industriellement, et moi j'ai envie qu'il y ait du poisson en dessous car vider la mer de ses poissons comestibles, c'est complètement con, c'est une voie sans issue.

Attends, j'ai pas envie que mes enfants voient des déserts minables quand ils regardent sous l'eau - comme en Grèce où ces cons pêchent encore à la dynamite dans les îles.

Je m'en fous qu'on tue les baleines ou les dauphins (enfin pas tous, c'est plus compliqué que ça). Mais le ratiboisage de tout ce qui bouge et se bouffe dans la mer, non.

Signe, bordel !


jeudi 16 novembre 2017

Justine et les culs nus


Le chat Justine est un descendant en droite ligne de Tycho Brahé. Il a fait ses études à l'université de Göteborg.         Là, il réfléchit sur la loi de Poisson.

La culpabilité par les maths en dix leçons, tu connais ? Beaucoup de gens se sentent mal à l'aise avec les maths. Je dis pas "mal à l'aise quand ils font des maths", je dis qu'ils ont un rapport particulier avec cette science. Qu'ils se sentent coupable. L'air malheureux : "moi, j'ai jamais rien compris..." Ou alors, faussement dégagé, limite agressif : moi, de toute manière, ça m'a jamais intéressé. Ou encore, légèrement méprisant : trop froid - moi, j'aime les choses qui ont une âme... Et pour conclure : tu sais, je suis plutôt du genre intuitif, j'ai l'esprit de finesse !

On est bien d'accord, tout ça, c'est bidon : encore un vieux coup du renard et des raisins. Peut-être le résultat d'une méthode scolaire qui n'a pas permis de s'approprier le mécanisme intime des maths. On en parle beaucoup depuis quelques temps avec la méthode de Singapour.

La question que je me pose en ce moment : quelle est la part de l'habitude dans la compréhension des maths ?

Si je te dis 5 x 6 tu réponds 30 sans réfléchir.

Quand tu étais petit, tu as joué avec des bâtonnets, tu les a mis en carré et tu as commencé à manipuler des opérations, addition, soustraction et multiplication.

Je suis bien certain qu'on ne t'a pas fait faire toutes les opérations de la table de multiplication avec des bâtonnets. Mais on t'en a fait faire quelques unes, et on t'a expliqué que la table de multiplication, c'était le même principe. Alors tu as accepté l'idée, et tu as appris par cœur ce putain de 7 x 8 qui tombe presque au milieu de la centaine alors qu'il est porté par les gros bras de deux gros chiffres : moi je lui aurais donné 72, en toute confiance.

Dis-moi, les tables, tu les comprends ou tu les as apprises ? Tu les comprends ? Ok. Ensuite, tu as appris les solutions d'une équation. Même si tu étais en littéraire, le discriminant 𝛥 = b2 - 4ac, ça doit bien te dire quelque chose, non ? Et là, tu comprenais quoi ? Pour trouver la solution d'un polynôme du second degré, on te disait de calculer le discriminant. Mais quel raisonnement sous-tendait l'utilisation de cette formule cabalistique ?

Il y avait bien eu une démonstration en cours, une astucieuse factorisation… mais il n'était même pas obligatoire de l'avoir comprise et encore moins retenue pour résoudre les équations une fois qu'on avait le gri-gri - la formule du discriminant.

Est-ce qu'on dit qu'on comprend les maths parce qu'on est familier avec le langage, avec les signes, avec les lettres grecques, le gros sigma et ses esclaves qui lui grattent la tête et les pieds ? On comprend parce qu'on a les formules... magiques ? Parce qu'on a appris la solution d'un problème pour l'avoir déjà fait dix fois ? Il y a des gens qui te disent qu'il faut répéter, répéter… et ils n'ont pas forcément tort. On finit par repérer des structures, des petites musiques, dont on peut décoder les variantes.

Bouh !!! T'as eu peur, j'ai vu !... Il est pas beau mon sigma à lunettes qui se fait cirer les pompes par un 1 ?


A côté de ça, il y a toujours le problème des culs nus, les calculs numériques parfois compliqués qui nécessitent une attention que tout le monde n'a pas (là encore, on peut entraîner son attention et faire des progrès). Mais ces calculs, ce n'est pas tellement de la compréhension - les machines font ça très bien. Laisse tomber les calculs très compliqués et l'attention qui va avec. Qu'est-ce qu'il reste ?

Encore beaucoup. Ce qui est certain, c'est qu'on ne te demande pas de réinventer les maths. On te demande juste de comprendre ceux que d'autres ont inventé (c'est l'objet de mon post sur Gauss et Flaubert).

Je crois que c'est pareil en physique. Ce qui semblait totalement farfelu aux contemporains des découvreurs paraît maintenant très acceptable. Que le temps s'allonge ou se réduise, que mon temps ne soit pas le même que le tien, et que parfois (si tu cours très vite ou si tu vis au sommet des Alpes, là où le temps s'écoule plus lentement parce que la gravité est moindre), tu puisses me "dépasser", c'est-à-dire en fait, vieillir moins vite que moi : oui, cela ne me heurte plus, je trouve ça normal, je l'ai appris il y a longtemps, quand j'avais dix-huit ans. Mais à l'époque, quel choc !

Bien sûr, il faut du temps pour que ces concepts passent dans 60% de la population. Mais on y viendra. Ces connaissances paraîtront naturelles, intuitives - c'est le contraire qui semblera bizarre. Quoi ! Le soleil tourne autour de la terre et la somme des angles d'un triangle est pile 180° ! T'as mis quoi dans ton bang ?

Il y a des fois, je pige pas. Mais si on entre dans le détail des opérations, pas à pas, ou si je révise des notions qui sont en jeu et que je connaissais imparfaitement, tout s'éclaire. Il faut dire aussi que les français (contrairement aux américains par exemple) prennent plaisir à des formalisations condensées, obscures, qui peuvent dérouter alors que les américains mettent tout leur honneur dans la compréhension de l'élève.

Alors quelle est la part de la familiarisation dans l'apprentissage des maths ? Je n'arrête pas de me poser la question. Je suis capable de résoudre un problème, mais je me demande parfois si je suis parfaitement clair - par exemple avec la notion de fonction inverse - avec son intimité. Non pas son mécanisme, non pas ses résultats, non - son intimité. J'ai envie de dire : tu as une voiture, tu sais parfaitement t'en servir, mais tu n'as pas une idée vraiment précise du fonctionnement d'un moteur à quatre temps.

Je te donne un exemple : la fonction division est la fonction inverse de la fonction multiplication. Là, c'est simple. La fonction logarithme est la fonction inverse de la fonction exponentielle. J'en vois qui lâchent. Il y a des fonctions inverses qui sont plus mystérieuses encore. On connaît bien le principe, on entre a et b sort - avec la fonction inverse, c'est le contraire, on entre b... Mais ce qu'il y a dans la boîte entre les deux... pas si simple.

En classe, on nous faisait faire des devoirs qui comportaient cinq questions. Les deux premières étaient des questions de cours, les deux suivantes nécessitaient un poil de connaissance et d'ingéniosité - et il fallait calculer. Et puis il y avait la dernière, celle que seuls les meilleurs arrivaient à résoudre, qui impliquait un zeste de créativité mathématique.  Celle qui faisait la différence avec le gros du troupeau. Mais les quatre première, pas besoin de comprendre grand-chose. Juste besoin d'être familier.

Alors, jusqu'où peut-on aller en se "familiarisant" ? Très loin peut-être ? Je me demande.

Et ça pose la question : c'est quoi, les maths, en fait ? T'as déjà la réponse ? Allez, sois sympa : tu me files ta copie ?

Mauvais souvenir.


mardi 14 novembre 2017

Un jour rêvé pour une radio-banane

Pourquoi il n'y a pas de radio pour ceux qui s'intéressent à la science ? Ils sont si peu nombreux ?


Les programmes de France-Culture ne sont pas nuls mais la part faite aux matières enseignées en faculté de lettre est vraiment hégémonique - il n'y a que des littéraires qui écoutent la radio ?

Heureusement, aujourd'hui, j'appuie sur la touche - réglée sur cette nouvelle station dont tout le monde parle…

Une belle journée qui commence par la position de la lune, de certaines exo-planètes, la trajectoire de la terre : de quoi planer et se réveiller en douceur. Puis une vraie météo - pas juste "l'après-midi, sortez vos parapluies". Au petit déjeuner, le journal de l'actualité des sciences : ça me donne une faim d'ogre.

Le matin, un peu de tout : l'intelligence des poulpes, la mycologie chez les grecs, la recherche en physique après les cordes, la question de la poule et de l’œuf. Il y même un feuilleton quantique, Les incertitudes d'un électron. Poignant comme du Marivaux, j'ai pleuré.

L'après-midi, des interviews de chercheurs en génétique, en maths et en astrophysique - c'est bien, ils font attention à répéter : si l'émission exige trop d'attention, je me plante en bagnole.

La revue de presse ? Wow, le survol des articles du dernier Science ! Demain : Nature, le New England Journal of Medecine, The European Physical journal... Tout n'est pas intéressant, mais il y a des trucs qui font envie...

Reportage : une visite comparative du MIT et de l’École Centrale de Lyon, programmes, orientations... maman, je veux retourner à l'école ! C'est l'heure de la chronique sur les formations sur internet. Et juste après, une émission inratable : les tendances dans les nouveaux langages informatiques - la mode, toujours la mode...



 Avant le dîner, une brève d'épistémologie.
- C'est tout ce qu'il y a, comme philo ? Pourtant, on dit que ça forme l'esprit. Seuls les régimes fascistes bannissent la philo et l'histoire.
- Merci de ne pas confondre la philosophie avec l'histoire de la philosophie... Certains considèrent la philo comme un savoir. Pourtant, elle n'a pas cumulé plus de connaissances que l'astrologie, elle repart quasiment de zéro à chaque fois.
- La littérature n'a pas "cumulé" elle non plus.
- Oui mais au moins, elle ne se prétend pas un savoir - juste une distraction.
- La philo, c'est comme les maths, un jeu intellectuel abstrait.
- T'as déjà fabriqué un frigo avec un bouquin de Hegel...?
- Alors exit la philosophie ?
- Non : la philosophie, c'est la contestation. Mettre en doute ce que dit l'autre, quitter l'académie.

Après l'échec avéré de la philosophie à expliquer le monde (c'est pas moi qui le dit, c'est le gros barbu), la science propose une alternative : des solutions transitoires, mais fondées sur un savoir qui s'accumule depuis cinq siècles.

 La philosophie a sa place comme contestation, dans les sciences comme ailleurs, et sur cette radio rêvée, la contestation est partout. Mais elle n'est pas le contrepied systématique dont on a abusé en mai 68 : la contestation, c'est constructif et bien plus subtil.

- Si tu le dis... Et les nouvelles du monde ?

 - Elles ont aussi leur place, mais sous forme de dossiers. En politique étrangère, France-Culture pourrait être un modèle, certaines émissions sont assez bien documentées. Le problème, c'est le parti-pris des journalistes. L'autre jour, tu aurais hurlé de rire en écoutant l'interview d'un obscur psychanalyste américain tout étonné de se voir honoré par cet aréopage d'intellos français : dans son Kansas natal, on lui jette des épluchures.

Si France-Cul veut parler des États-Unis, la station ne sort que des sujets sur le social et le racisme. Il y a la révolution en Ukraine, elle n'interroge que les sécessionnistes - je sais, j'en revenais, et j'écoutais les émissions tous les jours. Il a fallu un mois avant qu'ils ne se décident à interviewer un partisan du rattachement à la Russie - et forcément, ils ont choisi un type douteux et pas très malin.

Alors oui, les nouvelles du monde, mais avec un historique, une mise en perspective équilibrée. Et un suivi - tu as remarqué à quel point ce qui fait bouillir les journalistes un jour ne présente plus aucun intérêt pour eux un mois plus tard.

Après les nouvelles, relax : de l'histoire, de la géographie, de la sociologie quantitative. Ah oui, je t'ai pas dit : le rédacteur en chef de la station est un statisticien, il vérifie la qualité des sources et leur validité (et ne se prive pas d'un petit commentaire s'il le faut).

Une petite émission sur l'orientation actuelle du Droit : toujours intéressant de comprendre comment le Droit évolue parallèlement à notre société et la reflète. Au programme ce soir : pourquoi la législation sur l'euthanasie peine à suivre l'opinion publique.

Et au fur et à mesure qu'on avance dans la nuit, on aborde des sujets brûlants : la sexualité des huîtres, celle de certains protistes - mais bon, censure quand même sur l'innommable onanisme du bigorneau bas-breton.

La navrante pratique du triolisme chez les bigorneaux : un autre sujet qu'on évitera soigneusement.

Tout au long de la journée, plusieurs rendez-vous de littérature - une lecture par un bon comédien, puisée dans la littérature classique - il en existe des milliers d'heures d'enregistrement. Lecture introduite et commentée sans pédanterie - j'allais dire "et sans psychanalyse", mais c'est un truisme.

Malheureusement, je rêve. Oui, je déconne à mort, je suis totalement à l'ouest... ça n'intéresse personne. Ah, d'où je le sors, le titre ? La radio-banane ? Tu connais pas Salinger, le type de "the catcher in the rye" ?)


samedi 11 novembre 2017

Tentatives


L'angoisse de la feuille blanche ? Je gère...


Je liste ici quelques uns de mes écrits de ces dernières années. Il y a des romans et quelques nouvelles dont je préciserai le genre.

Ils sont en téléchargement libre. Il y a un copyright. Si l'idée aimable te venait de donner un fichier ainsi téléchargé à quelqu'un d'autre qui pourrait le donner à quelqu'un d'autre... je préfèrerais que tu les renvoies plutôt vers un lien Brik-Brak-Brok. Je t'en remercie d'avance.

Si tu as des commentaires, des suggestions, des critiques, n'hésite pas, non seulement c'est utile, mais ça fait plaisir. Tu as mon adresse à droite. Mais il est inutile de me dire que l'écriture est un art obsolète, j'en suis bien conscient. Où que je suis nul, ça me ferait de la peine !

Sinon, tu trouveras par ce lien quelques photos choisies - tant qu'à faire d'exposer. De l'Amérique à la Bretagne en passant par l'Ukraine et Madagascar. Dire que je déteste voyager : qu'est-ce qu'on ne m'a pas fait faire... 

Merci enfin de me signaler tout problème technique de lien, etc.


"Le Scorpion et le Hussard" (court roman) : l'histoire de cinq à sept avec un personnage assez fascinant. Histoire qui a bien failli très mal tourner au dernier moment. Toute dissemblance avec un certain personnage ne pourrait être qu'imputé à ma maladresse rédactionnelle.

"Souvenirs de la Maison des Morves" (court roman) :  l'année scolaire compliquée d'un jeune adolescent perturbé dans un collège catholique où il y a des prêtres pédophiles. Je préviens tout de suite, il n'y a pas de Q ni de scènes scandaleuses...

"Le Club Féministe" (nouvelles de politique fiction environ 30 pages) : un genre de suite au Meilleur des Mondes, un livre important pour moi. L'histoire se passe dans un bordel ultra-moderne. Âmes sensibles et mineurs s'abstenir.

"Les yeux de l'araignée" (nouvelle d'"espionnage-fiction" d'une vingtaine de pages) : un jeune étudiant en langues se voit proposer une expérimentation très étonnante à Shanghaï. A qui perd gagne. Ou l'inverse.

"Le pick-up" (brève nouvelle de quelques pages) : je l'ai directement publiée sur un blog. L'histoire d'un gentil flic en retraite qui s'offre un pick-up pour compléter son petit paradis. Vengeance thaïe...

"Le poivre et le papillon" aussi publié sur un blog, un tout petit conte du nord de la Thaïlande.

"Une lecture contemporaine du Meilleur des Mondes" : comme le dit le titre ; c'est un essai (environ 30 pages) qui regroupe plusieurs posts consécutifs que j'ai écrits sur ce livre d'un romancier médiocre... mais visionnaire !

C'est tout pour ce qui a été publié. Le reste est dans une malle, enterrée au fond du jardin. Peut-être vaut-il mieux qu'on l'y oublie !


J'en ai rêvé… Texas l'a fait !


Le robot de Boston Dynamics et son persécuteur : même pas peur...


J'ai vu une vidéo impressionnante où on voit un homme armé d'une crosse de hockey s'acharner sur un robot - il fait tomber ce qu'il a entre les "mains" à plusieurs reprises, et finalement il le pousse avec sa crosse jusqu'à ce que le robot s'étale. Le robot se relève péniblement, etc. Avec quelque chose de presque pervers, cynique dans la manière dont l'homme observe tranquillement le robot chaque fois qu'il l'a persécuté...

Évidemment, c'est l'aspect humanoïde qui impressionne : comme si on maltraitait un handicapé. L'homme aurait piétiné une carte-mère, ça n'aurait pas fait pleurer dans les chaumières.

Il y a quelques jours, j'entendais des gens très sérieux à la radio qui parlaient de réviser le Droit pour faire entrer les robots dans le code civil.

Oui, bien sûr, la question de la responsabilité existe si par exemple une voiture intelligente est à l'origine d'un accident. Ces véhicules sans chauffeur se répandront sans doute dans une dizaine d'année : un peu tôt pour en parler... mais pourquoi pas.

Et c'est vrai qu'on peut se poser des questions - les mêmes qu'on pose aux étudiants qu'on torture dans les universités américaines, au département cognitivisme : tu es à côté d'un gros homme sur le quai d'une gare ; un peu plus loin, six personnes se sont aventurées sur la voie par erreur. Un train arrive à toute vitesse - impossible de prévenir. Mais si tu pousses ton voisin, il va arrêter le train et éviter la boucherie. Alors, tu fais quoi ?

Ce type de problème pourra se poser à une voiture sans chauffeur. Le robot prendra une décision qui proviendra d'un learning et non d'une programmation en dur. D'où les questions sur la responsabilité, etc.

Mais le responsable, c'est le propriétaire du véhicule (et récursivement son concepteur), non ? Si un portail automatique tue un enfant, est-ce qu'on démonte le portail pour le faire comparaître au tribunal ? Pourtant, il a pris la décision de se fermer de manière autonome.

Non seulement il est question de définir une responsabilité des robots, mais aussi de leur donner des droits. J'avoue que là, je ne comprends plus - il y a sans doute quelque chose que je n'ai pas saisi. Je conçois bien qu'on fasse évoluer le code civil pour tenir compte des évolutions techniques, mais de là à modifier le code pénal... A quand le droit de vote pour R2-D2 ?

Comme on aime bien se faire peur, on répand l'idée que l'homme va être remplacé par le robot. Mais en même temps, on veut accorder une personnalité morale au robot : ça te semble pas contradictoire ?

En fait, l'homme va être augmenté par les robots, il ne va pas être détrôné par lui. D'ailleurs, en te regardant, je trouve que tu as changé... Tu ne te serais pas un peu augmenté, ces derniers temps ? Non ? Allez, avoue...

C'est facile de s'augmenter maintenant. Regarde, moi : depuis quelques semaines, je potasse un bouquin sur Mathematica, un programme qui permet de faire des maths, de résoudre des problèmes, grapher, etc. Quand j'acquiers ces connaissances, j'ai la très nette impression de m'augmenter. J'ai maintenant une puissance de calcul, résolution d'équations, calcul intégral, calcul matriciel etc. que je n'avais que de manière modérée il y a un mois. C'est tout simplement prodigieux, ce que je peux faire. Je me sens bien, puissant, tout léger…

Mais tu vas me dire que non, le programme est dans l'ordinateur. Et qu'à la base, j'avais déjà compris les principes des maths que gère le logiciel. Oui, mais l'ordinateur sera bientôt dans ma tête (ou ma poche, peu importe), et sur le coin gauche de mes lunettes, un écran minuscule me permettra d'avoir sous les yeux les notebooks de Mathematica.

Je t'accorde que ce programme est bien plus malin que moi pour repérer les blocs qui vont permettre de faire une intégration par parties. C'est lui qui choisit, pas moi. Mais c'est qui, le boss ? Bibi.

Quand j'étais petit, je rêvais d'avoir une machine à calculer dans la tête. Si mon créateur l'avait voulu, il aurait intégré un tout petit circuit de quelques neurones, pas plus, pour que je puisse instantanément trouver la racine cubique de 394 avec cinq décimales, juste comme je fais maintenant pour une division de 81 par 9. Il se trouve que l'évolution ne l'a pas permis - pour des raisons qu'on devine : si Cro-Magnon avait eu l'utilité de la racine cubique de 394, ça se saurait.

Vraiment dommage. Sur le plan biologique, c'était enfantin, on a repéré des circuits beaucoup plus compliqués dans le cerveau. Tu imagines, on naitrait tous avec une machine à calculer pré-câblée dans la tête ? Vers quatre ou cinq ans, on commencerait à l'éduquer, et on serait tous des supercalculateurs - et des gens très ordinaires.

Oui, sérieux, quand j'étais petit, j'en ai rêvé… et Texas Instrument l'a fait ! Allez, un petit coup de baguette bionique et le tour sera joué.




vendredi 10 novembre 2017

Le retour du jeune con : la baisse du QI dans le monde

Le garçon a manifestement un problème de refroidissement de sa carte-mère


On m'a fait parvenir un article des Échos (que tu peux trouver ici) intitulé : l'inquiétant recul du quotient intellectuel. L'info a été reprise par les grands médias qui répètent à peu près tous la même chose.

Selon ces sources, plusieurs études montreraient de façon convergente une baisse du QI dans la population au niveau mondial. Suivent plusieurs hypothèses pour expliquer cette baisse :
- la disparition de la sélection naturelle des plus faibles du fait des progrès de la médecine, etc,
- l'influence des écrans (voire le fait de conduire plusieurs heures par jour),
- la généralisation de l'usage du cannabis,
- des troubles hormonaux impliquant notamment la gestion de l'iode par l'organisme.

Je n'ai pas l'intention de vérifier les sources relatives à cette baisse du QI. Il faudrait pourtant le faire : examiner la validité des échantillons, celle des méthodes employées, et aussi préciser de quoi il s'agit : quelles tranches de la population ont été étudiées,  est-ce qu'on ne pourrait montrer que cette baisse concerne des sous-populations en stratifiant les échantillons (âge, origine sociale…), quels sont les écarts-types, etc. En admettant qu'on ne remette pas en cause la valeur du QI, alors qu'on sait qu'un tel outil peut tomber en obsolescence et devenir totalement inadapté pour décrire la réalité.

Mais non, je ne vais pas le faire. Je considérerai comme heuristiquement valable l'idée de cette baisse que je présume globale, générationnelle. Et si tu veux bien, on va aborder les hypothèses explicatives.

La première - la disparition de la sélection naturelle des plus faibles du fait des progrès de la médecine - je l'avais déjà envisagée (dans deux post de ce blog consacrés à l'eugénisme de nos jours) bien avant de lire ces articles sur la baisse des QI. En effet, la sélection existe encore, mais elle n'est plus naturelle, elle est culturelle et sera peut-être techno-biologique et eugénique. Il est difficile d'imaginer que cette  modification des mécanismes de sélection n'ait pas de répercussions sur l'espèce.

Je maintiens donc que l'hypothèse d'une altération de la sélection est plausible pour expliquer la baisse des QI... mais je ne sais ni comment ni dans quelle mesure.

J'en rapproche certains facteurs sociologiques (plus on monte dans la hiérarchie sociale, plus on a statistiquement un QI élevé, et plus tard on fait des enfants - donc ceux qui ont un matériel génétique plus favorable font moins d'enfants).

L'hypothèse du cannabis me semble mal fondée. A ma connaissance, on n'a pas d'études qui montrent avec certitude l'influence du cannabis. On a des études qui décrivent ce qui se passe chez les patients qui prennent des substances de manière répétée, mais on n'a pas grand chose sur une éventuelle altération du cerveau post-intoxication. On suspecte une action négative durable sur le mécanisme d'enregistrement des souvenirs (un circuit sur la face interne des hémisphères) - mais ce résultat n'est pas encore démontré avec certitude. Prendre l'abrutissement qu'on peut trouver chez les gros consommateurs pour une lésion cérébrale, ce serait une erreur, car cet abrutissement est parfaitement réversible. Il pourrait donc biaiser des tests, mais ne permet pas de conclure à une baisse organique du QI.

L'influence des écrans est mal étayée. D'ailleurs, l'article fait justement remarquer que les pays les plus consommateurs d'écrans sont aussi des pays où le QI est élevé. A vrai dire, cette explication par les écrans me semble de l'ordre du ragot de concierge. Là encore, on confond le marteau avec la fracture du crâne.

L'hypothèse des troubles hormonaux est intéressante, mais absolument invérifiable. Il faudra bien vingt ou trente ans avant qu'on puisse réellement démontrer l'action de l'iode ou d'autres hormones. J'en ai trop entendu de ce style pour m'y arrêter.

Ce qui m'a surpris, c'est de ne pas trouver dans les articles que j'ai lus une explication un peu bête, toute simple, sans doute difficile à démontrer, mais qu'on ne peut pas négliger. Même si la vie n'est pas facile pour tous, même si la pauvreté existe encore, les idéaux ont changé. Autrefois, il fallait se battre, le monde était une jungle, on devait s'armer pour faire face aux difficultés, lutter. Aujourd'hui, il faut profiter, jouir, se lâcher, bénéficier des droits qu'on a naturellement en naissant, droit au logement, bientôt droit au travail voire à la paresse, et sans doute au revenu universel. La coolitude est la nouvelle philosophie, et elle est partout.

J'encourage toute idéologie qui s'éloigne des combats, de la violence et de la guerre. Mais je ne suis pas certain qu'elle n'ait pas d'influence sur la curiosité, sur l'apprentissage, sur l'envie de s'exercer, de s'affronter - aux problèmes intellectuels par exemple.

Ça te paraît totalement loufoque, comme explication ?

mercredi 8 novembre 2017

L'abominable homme du marketing


Chicago, , hiver 1987 : j'aime la pub... enfin pas toutes !


A gauche, à droite, vers le "sage" du studio qui renvoie à droite, puis à gauche encore...

J'écoute la radio et ça m'agace : des animateurs plus ou moins putassiers (mais tous très contents d'eux-mêmes) n'arrêtent pas de se congratuler. Sous prétexte de répandre la bonne humeur, ils ont pris un ton enjoué qui sonne bien faux et ils se renvoient la balle comme une bande de copains. Ça n'existe pas dans la vraie vie, ces relations - on dirait l'adaptation d'un mauvais soap américain. Hystériques et certainement insincères - ceux qui ont approchés les divas des médias savent ce que cachent ces airs débonnaires.

Mais ce n'est pas bien grave.

Car entre deux réparties, il y a la pub.

Tu me dis que tu n'y fais pas attention. Tu as bien de la chance, je n'y arrive pas. Je trouve que cette manière d'assiéger notre cerveau est une violence inouïe. Je sais bien qu'on peut me trouver excessif quand je dis ça. Mais réfléchis : comment peut-on se permettre de faire intrusion dans les pensées d'un autre ? Comment peut-on s'autoriser à en modifier le contenu (car qu'on le veuille ou non, le contenu est toujours modifié, toutes les études le montrent) ? Comment peut-on prétendre en utiliser "la part disponible" ?

Comment justifier qu'on te vole ton temps ? Comment tu appelles ça, quand on te force à quelque chose ? Parce qu'on est cernés, on n'a pas le choix, c'est faux de dire le contraire.

Qu'il y ait de la pub lorsque tu recherches quelque chose, pourquoi pas. Mais quand tu ne demandes rien à personne ? Et ne me dis pas qu'autrement, la radio n'existerait pas ou qu'elle ne serait pas gratuite : d'abord, elle n'est pas gratuite, il y a une redevance. Ensuite, c'est un modèle commercial parmi d'autres, qui arrange bien certains.

Je ne supporte pas cette pénétration : la pub, c'est un viol.

Quelle alternative ? Je n'ai pas regardé la télévision depuis vingt ans. Il faut que je fasse de même avec la radio - même quand j'ai un long trajet à faire en voiture ?

Ma bête noire, ce n'est pas le capitalisme : si on réussit à le contenir, c'est comme la république, le moins pire des systèmes. Non, ma bête noire, c'est le marketing. Je considère ses pratiques comme des actes barbares - moins que ce qui s'est fait dans les camps nazis ou staliniens, bien sûr - mais la démarche est la même, contraindre l'autre, l'asservir, dénier sa liberté. Le polluer. Le mépriser en le traitant de portefeuille sur pieds, de consommateur.

J'ai bon espoir que dans cinquante ans, on aura sur le marketing le même jugement qu'on a aujourd'hui sur l'esclavage : une abomination. Enchaîner les esprits, enchaîner les corps...


1984, paysage en Caroline : il y a un point commun entre mes deux photos. Lequel ?