dimanche 23 avril 2017

Le vote des imbéciles


Un bacille toi-même !

Un bacille heureux


Imbécile vient du latin et veut dire : celui qui ne peut pas se passer d'un bâton - d'une canne pour marcher. D'ailleurs, on retrouve le mot originel, bacellus, ou bacillus dans bacille, la bactérie qui a la forme d'un bâton - par opposition aux coccis, ou coques.

Ma vieille mère ne se déplace pas sans canne. Surtout, elle est affligée d'une maladie d'Alzheimer très progressive qui a aboutit à sa mise sous tutelle. Depuis deux ans, elle n'a plus le droit de voter.

Toute sa vie, elle a voté, toute sa vie, elle a été constante dans ses choix et a donné sa voix au même parti. Maintenant, elle n'a plus le droit de faire valoir ses droits.

Pourtant, si elle devait voter aujourd'hui, je ne doute pas de ce qu'elle ferait, je sais qui elle choisirait. Si seulement elle avait eu le droit de mettre par écrit ses vœux avant de sombrer dans la maladie ! Ainsi, personne n'aurait pu prendre avantage de sa faiblesse : système simple, qui m'aurait paru plus juste que le système actuel. Car maintenant, ma mère n'existe plus comme citoyenne.

Pourtant, elle continue de payer des impôts, elle a un poids économique, elle a des intérêts à défendre. Mais elle ne peut pas se faire représenter. Quelqu'un gère ses comptes et prendra des décisions pour elle quand elle sera en fin de sa vie. Mais personne ne votera pour elle. Elle est morte politiquement.

Car la société considère… la société considère quoi, au fait ?

La société considère qu'elle ne dispose plus du discernement qui lui permettrait de faire un choix en connaissance de cause. Dis-moi, parce que tous les autres font leur choix en connaissance de cause ?


Déficit intellectuel


On est considéré comme déficitaire quand on a un QI de 80 ("niveau limite"). Entre 80 et 100, on est dit "normal faible". Il fût un temps où l'arriération mentale était considérée, peu ou prou, comme une maladie. Un état pathologique stable, mais dérogatoire à la bonne santé. On avait raison dans bon nombre de cas. En effet, la courbe de Gauss qui mesure l'intelligence sous toutes ses formes est plus épaisse à gauche qu'à droite : il y a plus de déficitaires que de surdoués. Pourquoi ? Parce qu'on ne peut pas devenir surdoué à la suite d'une maladie. Alors qu'une partie des déficitaires est devenue débile du fait d'un accident de parcours (parfois très précoce) - les autres l'étant du fait de la distribution aléatoire des facultés intellectuelles.

De nos jours, on peut être déficitaire et aller voter. Le vote ne s'accompagne d'aucun contrôle. Alors qu'il faut un permis pour conduire une simple mobylette, on n'a besoin d'aucun permis pour voter. Question de principe. Question de démocratie.

Pourtant, ceux qui votent sont soumis à un matraquage intense par les médias. Qui est le plus fort, celui qui a un QI de 85 ou les radios et les chaînes de télévision. Oui, je te demande, qui est le plus fort ?

Et qui est le couillon qui a un QI de 85 et qui s'est tellement fait niquer qu'il croit qu'il n'a subi aucune pression quand il a mis son bulletin dans l'urne - ou du moins, qu'il a résisté victorieusement ! Ce serait drôle si ce n'était pas pathétique. Qu'on me cite une personne qui admette qu'il a été téléguidé et que ses motifs de vote sont pour le moins obscurs - à part moi.

Oui, mort de rire, quand tu connais quelques petits trucs de cognitivisme et de psychologie expérimentale. Quand tu sais à quel point on est influençable - tout le monde sans exception. A quel point on fonctionne de manière irrationnelle.

Et tu sais combien ils sont, en France, ceux dont on peut penser qu'ils ne sont pas vraiment armés pour voter ? Sans doute plus d'un million. Oh, je sais bien que beaucoup ne votent pas. Et surtout, qu'on ne doit pas parler de ça, c'est le tabou de la démocratie. On a juste le droit de citer Churchill en prenant l'air entendu…

Pourtant, il y aurait des palliatifs. Par exemple confiner le matraquage médiatique, quitte à limiter temporairement la liberté de la presse ? Qu'est-ce qui est le plus important, l'exercice de la démocratie ou la liberté de la presse ? Parce qu'apparemment, on est dans un cas où leurs effets sont antagonistes et il faut choisir.

Voter sans comprendre ?


On a le droit de se foutre du vote. Question de liberté. C'est un peu comme le vaccin : on a le droit de le refuser, même s'il y a des retombées collatérales et qu'on met en danger l'ensemble de la communauté. Mais la liberté individuelle passe avant l'exercice de la démocratie. C'est une très bonne chose - si le danger n'est pas trop menaçant.

Mais est-ce qu'on a le droit de voter sans comprendre ? Alors que des malades mentaux en rémission ne peuvent pas voter, les insuffisants intellectuels peuvent mettre leur bulletin dans l'urne. Le droit de voter est-il une chose si légère et anodine qu'il ne mérite pas d'être scruté. Pour exercer un droit, il faut en avoir la capacité, non ? Personne n'aurait l'idée de laisser piloter un avion quelqu'un qui n'a pas les compétences nécessaires. Et le droit de vote serait le seul droit qu'on pourrait exercer n'importe comment ?

Entends-moi bien, je ne récuse pas un droit à la représentation à ceux qui ne sont incapables de faire une opinion et de manifester du discernement. Peut-être faudrait-il qu'ils puissent donner leur voix à quelqu'un de leur choix qui a assez de jugement pour pouvoir voter valablement pour eux. Comme on se fait conduire par un ami quand on n'a pas son permis. En tout cas, il y a une solution à trouver pour que numériquement, tout le monde soit représenté et que les équilibres soient respectés. Tous les hommes naissent égaux en droit...

Y compris les Alzheimer et autres pathologies du genre. Ils sont malades, mais ce sont des citoyens français comme les autres. Ils sont nés égaux en droit. Ils doivent aussi mourir égaux en droit.

Je sais qu'en lisant ce texte, certains diront que j'attaque la démocratie. Ils se trompent du tout au tout. Je la respecte trop pour l'attaquer - au contraire, je la défend en souhaitant qu'elle soit traitée avec plus de respect.