samedi 8 avril 2017

Stranger things n'est pas du tout une série d'horreur et de fantastique !



 Easy Rider à treize ans : ça promet...


Voilà une série qui n'a rien d'exceptionnel, mais qui se laisse bien regarder parce qu'elle est sympa.

Quand j'ai vu qu'elle était classée dans le fantastique / horreur, j'ai eu un mouvement de surprise. Mais si : après tout, il y a un autre monde, des pouvoirs spéciaux, un monstre. Formellement, le classement est bon. Mais faire peur, étonner par une débauche d'imagination, ce n'est clairement pas le projet du film - c'est juste un prétexte.

En réalité, l'horreur et le fantastique sont des créations de l'imaginaire des enfants qui sont les héros du film, et si on regarde attentivement, on remarque quelques clins d’œil du réalisateur destinés à le faire comprendre.

Le scénario est simple, banal (même si la fin n'est pas totalement attendue). Bons et méchants portent une grosse étiquette. On retrouve les classiques : la science mal maîtrisée, les méchants scientifiques, le méchant gouvernement, ses sbires trop bien habillés et ses recherches secrètes, l'adulte amical qui a personnellement souffert dans le passé.

La psychologie dans cette série, c'est à peine mieux que Smallville. La prouesse, c'est la délicatesse avec laquelle le réalisateur fait déborder la pré-adolescence vers l'adolescence - juste quelques secondes, avant de revenir en arrière. Pourquoi cette psychologie rudimentaire ? Encore une fois, parce qu'il s'agit d'une création imaginaire pré-adolescente.

Les effets spéciaux sont antiques, avec des genres de toiles d'araignées faites à la bombe et des bruitages que décrit parfaitement le verbe anglais squelch : produire un bruit doux de succion comme si on arrachait quelque chose d'enfoncé dans une boue épaisse. Bon, il m'est quand même arrivé de sursauter une fois au cours de la saison, ce qui ne m'était pas arrivé depuis longtemps.

Il paraît que cette série fait en permanence référence à des tas d'autres productions datant des années 1980. Je n'ai rien remarqué - pas assez cultivé... Il m'a quand même semblé voir une parenté avec Kyle XY, une série que j'avais bien aimée et qui a été interrompue en 2009 au bout de trois saisons sans jamais avoir de fin (grrrr !) Le point commun : l'apparition d'un ado dans Kyle, d'une pré-ado dans Stranger Things tous les deux venus de nulle part ou... d'un labo de recherche. En réalité, on est dans le cadre classique des "amis imaginaires". Ceux qui ont regardé l'excellentissime Malcolm se rappellent sans doute l'ami imaginaire de Dewey qui inquiète beaucoup sa mère...

Le véritable intérêt de la série, c'est une belle histoire d'enfants et d'amitiés. Un genre de Club des Cinq pour la classe au dessus. On adore les super-vélos avec lesquels les gamins se promènent partout - et quand les garçons foncent sur les chemins, les BMX la jouent Sons of Anarchy, Harley-Davidson… On adore aussi les Donjons and Dragons (qui sont la clé de la série), les serments d'amitié, l'école et le prof de science dévoué - l'école est un véritable personnage dans l'histoire, plus structurant que la famille qui s'est délitée ou n'a jamais existé. Et ça fait tellement de bien dedans quand un vieux coup de surnaturel vient sauver les bons et rétablir la justice - même si c'est totalement téléguidé.

Bref, c'est loin d'être génial, mais c'est très mignon… Et je pense que je jetterai quand même un coup d'œil au premier épisode de la saison deux, à tout hasard. Un petit coup de bons et de méchants, ça rassure et de temps en temps, ça fait du bien.


 L'électroencéphalographe date des Pierrafeu - mais comme le visage de Milly Brown est intéressant !